Animaux dans les logements de Montréal : permis ou non?

Animaux dans les logements de Montréal : permis ou non?

Avec le mois de juillet qui tire à sa fin, faisons un bref retour sur la période des déménagements montréalaise que vous avez probablement traversée, pour vous-même ou pour des proches. Saviez-vous que le fameux 1er juillet préoccupe grandement les groupes de défense tels que la SPCA (Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux)? En effet, celle-ci constate une forte augmentation du nombre d’animaux abandonnés durant la période des déménagements. L’an dernier, entre le 1er juin et le 1er juillet, elle a recensé 1915 compagnons abandonnés par leur maitre.

 

une personne avec un petit chat dans ses mains devant son condo

Abandons d’animaux dans les logements locatifs

Les nombreuses campagnes de sensibilisation des années passées n’ont pas fait changer les choses; le problème reste majeur au Québec. Statistiquement, seulement 4,2% des locateurs permettent les animaux, alors qu’entre 40 et 50% des familles en possèdent un. «Nous savons qu’une part importante de ces abandons est du au fait que leurs gardiens sont incapables de trouver un logement locatif abordable qui accepte les animaux», affirme Alanna Devine, directrice de la défense des animaux à la SPCA de Montréal. En effet, de nombreux propriétaires d’animaux qui doivent déménager se voient obligés de se départir de leur bête, car ils ont de la difficulté à trouver un nouveau logement où les animaux sont permis.

 

Un personne dans son hamac dans le salon de son habitation neuve avec son animal de compagnie

 

Légalement, les propriétaires de logement sont autorisés à refuser des animaux s’ils le désirent. Une situation que déplore Mme Devine: «La clause interdisant les animaux est abusive et discriminatoire (…)» Selon elle, le Québec devrait suivre l’exemple de l’Ontario et obliger les propriétaires à accepter les animaux si ceux-ci ne causent pas de méfaits, c’est-à-dire s’ils sont propres et non bruyants.

 

Et dans les condos?

Si les propriétaires de logements locatifs sont généralement très sévères par rapport aux animaux, la situation est différente dans les associations de copropriétés de condos. Les copropriétaires ont le droit d’avoir un animal, c’est le code civil qui le stipule. L’établissement de règles interdisant les animaux dans les copropriétés est normalement illégal, sauf si ces règles ont été établies dans la déclaration de copropriété initiale et qu’elles sont bien justifiées.

Petit chien dans le divan d'un condo avec un humain qui travaille sur l'ordinateur

C’est donc dire qu’il faut vérifier si les animaux sont permis avant d’emménager dans un condo pour éviter d’avoir à les abandonner. Si ce n’est pas le cas, il est possible de faire changer les règles, mais non recommandé en raison des longues procédures légales nécessaires.

«Aux Ateliers Castelnau, nous acceptons un animal par logement», nous a révélé la conseillère des ventes chez DevMcGill, Lina Bouchard. «Une bonne gestion doit toutefois être faite pour éviter les problèmes». Les habitations des propriétaires d’animaux sont inspectées régulièrement, et les plaintes des voisins sont sérieusement prises en compte. De plus, les résidents doivent suivre un ensemble de règles. Selon Mme Bouchard, les animaux sont toutefois rares dans les condos de DevMcGill.

«Quand quelqu’un achète un condo, c’est sa propriété, il est libre d’avoir des animaux s’il le désire», affirme Nicolas Hovsepyan, travaillant pour le Nordelec. Ce projet permet aussi les animaux, qui sont selon M. Hoysepyan plus nombreux. «S’il y a un problème avec les animaux, par exemple un chien qui aboie trop fort, des procédures légales peuvent être entreprises contre les maîtres».

Chat dans la salle de bain d'une habitation neuve de Montréal

Aucune des personnes contactées n’a rapporté avoir eu connaissance d’abandon d’animaux dans les condos. Le phénomène semble être plus présent dans les habitations locatives.

Recommandations

Si vous possédez un animal et que vous envisagez de déménager, la SPCA vous recommande de vous prendre d’avance et de tenter de convaincre votre futur propriétaire d’accepter votre bête. Vous pouvez lui fournir des références d’anciens locateurs ou de votre vétérinaire, ou encore aller à sa rencontre avec votre animal, pour lui montrer que son comportement est adéquat.

Il peut aussi être judicieux de filtrer vos recherches : mettez toutes les chances de votre côté en commençant par considérer seulement les habitations qui acceptent les animaux. À cet effet, Ma résidence retraite, un répertoire qui regroupe les résidences pour personnes agées de plus de 100 unités au Québec, propose parmi ses filtres de recherches l’option de ne voir que les projets qui acceptent les animaux de compagnie.

Bref, continuer de partager votre domicile avec un compagnon à quatre pattes, ça commence par des recherches averties et bien effectuées !

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